Mis à jour août 20267 min de lecture

    Terrasse de plain-pied : faut-il une autorisation ?

    Réponse rapide

    Une terrasse posée directement sur le sol, non surélevée, sans toiture ni fermeture, ne crée ni emprise au sol ni surface de plancher : elle n'exige donc aucune formalité d'urbanisme. Quatre exceptions font basculer le projet en déclaration préalable : la surélévation, la couverture, le secteur protégé et les règles propres au PLU.

    Terrasse en bois de plain-pied posée au niveau du jardin

    Pourquoi une terrasse de plain-pied échappe aux formalités

    La logique du code de l'urbanisme est simple : on déclare ce qui crée de l'emprise au sol ou de la surface de plancher. Une terrasse de plain-pied ne s'élève pas de façon notable au-dessus du terrain naturel : il n'y a pas de volume bâti, donc pas d'emprise au sol au sens du code, donc aucune déclaration à déposer. Pour bien distinguer ces deux notions, voir surface de plancher et emprise au sol.

    Ce raisonnement ne vaut que pour le cas le plus simple. Les autres configurations (terrasse surélevée, couverte, sur pilotis, accolée à une extension) sont traitées dans notre guide de référence terrasse : faut-il une autorisation d'urbanisme ?.

    Les conditions cumulatives de la dispense

    • • Terrasse au niveau du terrain naturel, sans surélévation significative
    • • Aucune couverture fixe (toiture, auvent, pergola ancrée)
    • • Aucune paroi ni fermeture latérale
    • • Terrain hors secteur protégé
    • • Conformité aux règles du PLU de la commune

    À partir de quelle hauteur ça bascule en déclaration préalable

    Dès que la terrasse est surélevée de façon significative par rapport au terrain naturel, elle est regardée comme créant de l'emprise au sol : elle relève alors de la déclaration préalable. Au-delà de certains seuils de surface fixés par la réglementation et par le PLU, c'est le permis de construire qui s'applique.

    Attention aux chiffres qui circulent : il n'existe pas de seuil de hauteur en centimètres applicable uniformément partout. L'appréciation se fait par rapport au terrain naturel, au vu de votre plan de coupe, et c'est le service urbanisme de la mairie qui tranche en s'appuyant sur le règlement local. Apprenez à lire ce règlement dans comment lire le PLU de sa commune.

    En pratique, un terrain en pente est le cas le plus délicat : une terrasse de plain-pied côté maison peut se retrouver nettement surélevée côté jardin. C'est cette partie surélevée qui déclenche la formalité.

    Terrasse couverte, pergola, garde-corps : les cas qui changent la réponse

    Une couverture fixe crée de l'emprise au sol, même au-dessus d'une terrasse de plain-pied. Si cette couverture est doublée de parois (vitrages, panneaux coulissants fermés), la surface devient de la surface de plancher : le régime se durcit d'un cran. Le cas de la pergola est détaillé dans pergola : quelle autorisation ?

    • Pergola ou auvent ancré : couverture fixe, formalité requise
    • Store ou voile rétractable : pas de couverture permanente, en principe pas de formalité
    • Garde-corps : il ne crée pas de surface, mais sa présence signale une terrasse surélevée
    • Terrasse accolée à une construction annexe : le projet s'apprécie globalement, comme pour un pool house

    Secteur ABF et PLU : les deux exceptions qui rattrapent tout le monde

    Aux abords d'un monument historique, en site patrimonial remarquable ou en site classé ou inscrit, les dispenses de formalité sont réduites : même une terrasse de plain-pied peut être soumise à déclaration préalable, avec consultation de l'Architecte des Bâtiments de France sur les matériaux et les teintes.

    Second filet : le PLU. Il peut imposer ses propres prescriptions, indépendamment de la question de l'autorisation : nature des matériaux, coefficient d'imperméabilisation ou de pleine terre, recul minimal par rapport aux limites séparatives. Une terrasse dispensée de déclaration reste illégale si elle viole le règlement de zone.

    Le réflexe à avoir avant les travaux

    Un appel au service urbanisme de la mairie du lieu du terrain suffit à lever le doute sur le secteur protégé et sur les prescriptions du PLU. Si une formalité est nécessaire, elle passe par une déclaration préalable.

    Terrasse et taxe d'aménagement

    La taxe d'aménagement frappe les surfaces closes et couvertes. Une terrasse de plain-pied ouverte, sans toiture ni parois, n'entre donc en principe pas dans l'assiette taxable, même lorsqu'une déclaration préalable est exigée pour un autre motif (secteur protégé, par exemple).

    La situation change dès que la terrasse est couverte et fermée : la surface créée devient taxable. Le mode de calcul est détaillé sur notre page calcul de la taxe d'aménagement.

    Tableau récapitulatif

    Type de terrasseEmprise au solAutorisationTaxe d'aménagement
    Plain-pied, non couverte, hors secteur protégéNonAucune formalitéNon
    Plain-pied en secteur protégé (abords MH, SPR, site classé)NonDéclaration préalable possible, avis ABFNon
    Surélevée de façon significativeOuiDéclaration préalable (permis au-delà des seuils)Non si ouverte
    Couverte (pergola fixe, auvent) mais ouverteOuiDéclaration préalable (permis au-delà des seuils)Non
    Couverte et fermée (véranda, terrasse close)Oui, + surface de plancherDéclaration préalable ou permis de construireOui

    Questions fréquentes

    Faites appel à un professionnel

    Terrain en pente, secteur protégé, PLU restrictif : c'est souvent le plan de coupe qui décide du régime applicable. LegalRenov analyse votre situation et monte, si nécessaire, votre dossier de déclaration préalable.

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